Horodatage RFC 3161 : prouver la date d'une signature
Dernière mise à jour le 1er septembre 2026.
L'horodatage RFC 3161 fait dater une signature par une autorité extérieure, et non par l'horloge du serveur qui signe. Paraphons lui transmet l'empreinte de chaque signature ; elle renvoie un jeton daté, signé de sa propre clé, incorporé au PDF. C'est ce jeton qui porte la date vérifiable par un tiers.
Qu'est-ce qu'un jeton d'horodatage RFC 3161 ?
Un jeton d'horodatage est une petite pièce signée par un tiers, qui atteste avoir vu une empreinte à un instant donné. La norme RFC 3161 en fixe le format et le dialogue qui l'obtient.
Au moment où Paraphons scelle un document, le service calcule l'empreinte SHA-256 de la signature qui vient d'être produite, et n'envoie que cette empreinte à une autorité d'horodatage. Celle-ci renvoie un jeton daté, signé de sa propre clé, que le service incorpore aussitôt au fichier signé.
L'autorité ne voit pas le document. Elle ne reçoit ni le fichier, ni son titre, ni le nom des signataires : une empreinte est une suite de caractères d'où l'on ne peut pas remonter au contenu. Le document ne quitte donc jamais le service, et l'autorité date un objet qu'elle est incapable de lire.
Pourquoi la date ne doit-elle pas venir du serveur qui signe ?
Parce qu'une horloge appartient à la partie qui l'invoque, et qu'il suffit de la reculer : une date écrite par le serveur qui signe ne prouve rien contre celui qui tient ce serveur.
L'autorité apporte trois choses que ce serveur ne peut pas apporter. Elle n'a aucun intérêt dans le litige, puisqu'elle date sans savoir ce qu'elle date ni pour qui. Sa clé n'est pas la nôtre : nous ne pouvons pas fabriquer un jeton à sa place. Enfin, chaque demande porte un nombre tiré au hasard — le « nonce » — que l'autorité recopie dans sa réponse. Une réponse ancienne, rejouée sur une signature récente, ne porterait pas le bon nombre et serait écartée : on ne peut pas se constituer une réserve de jetons antidatés.
Que contient un jeton ?
Les valeurs ci-dessous ne sont pas un exemple d'école. Elles ont été relevées le 1er septembre 2026 dans un jeton réel, demandé par la chaîne de signature de Paraphons à son autorité d'horodatage.
| Champ | Ce qu'il contient | Valeur observée |
|---|---|---|
| Version | La version du format de jeton | v1 |
| Politique | L'identifiant de la politique d'horodatage que l'autorité applique | 2.16.840.1.114412.7.1 |
| Empreinte | Ce que l'autorité a daté, et l'algorithme qui l'a calculé | L'empreinte de la valeur de signature, en SHA-256 |
| Date | L'instant que l'autorité déclare avoir constaté | 2026-09-01 09:14:55 UTC |
| Nonce | Le nombre tiré au hasard qui interdit de rejouer une réponse ancienne | Présent |
| Chaîne de certification | Les certificats qui rattachent le jeton à une racine | DigiCert SHA256 RSA4096 Timestamp Responder 2025 1, puis DigiCert Trusted G4 TimeStamping RSA4096 SHA256 2025 CA1, puis DigiCert Trusted Root G4 |
| Place dans le PDF | L'endroit où la norme PAdES loge l'horodatage d'une signature | Un attribut non signé du bloc de signature |
Comment vérifier l'horodatage d'un PDF qu'on reçoit ?
Le jeton voyage à l'intérieur du fichier signé : qui détient le document détient de quoi contrôler sa date, sans rien avoir à nous réclamer. Un logiciel capable de valider une signature PAdES le trouve à sa place, reconstruit la chaîne de certificats qui le porte, et vérifie que l'empreinte inscrite correspond bien à la signature qu'il examine.
Cette validation rend deux verdicts, et c'est le point à retenir. Sur le document mesuré, au cours d'un seul appel, le jeton ressort intact, valide et reconnu, avec la date qu'il porte : 2026-09-01 09:14:55 UTC. Sa chaîne remonte à DigiCert Trusted Root G4, une racine présente dans le magasin de Windows, dans celui de Mozilla, et dans la liste de confiance d'Adobe (AATL).
Le second verdict porte sur l'identité du signataire, et nous l'écrivons sans détour : le certificat qui scelle nos documents est émis par Paraphons, et la même validation le donne pour non reconnu. C'est de là que vient l'avertissement d'identité qu'un lecteur de PDF peut présenter. Il porte sur la reconnaissance de ce certificat — ni sur l'intégrité du document, qui ressort intacte, ni sur la date, établie par une chaîne qui n'est pas la nôtre.
Reste une question : ce jeton date-t-il bien ce document-ci ? L'empreinte qu'il enferme est celle de cette signature-là, et non celle du fichier en général. Un jeton déplacé vers un autre document ne correspondrait à aucune signature de celui-ci, et le contrôle échouerait aussitôt.
Notre horodatage n'est pas qualifié au sens du règlement eIDAS (art. 3.34) : l'art. 41 le rend recevable (§ 1) mais réserve la présomption d'exactitude de la date au seul horodatage qualifié (§ 2). Ce jeton donne une date vérifiable par un tiers, non présumée exacte.
Horodatage et PAdES : quel rapport ?
PAdES est le profil qui décrit comment une signature s'inscrit dans un PDF. Il réserve une place à l'horodatage, et c'est celle que nous employons : le jeton n'est pas posé à côté de la signature, il vit à l'intérieur, dans un attribut non signé du bloc de signature.
Ce bloc s'ajoute sans réécrire le PDF d'origine : une révision s'écrit à la fin du fichier, et les octets d'avant ne bougent pas. Le document mesuré compte ainsi deux révisions — celle du fichier déposé, intacte, et celle qui porte la signature et son jeton. C'est ce qui permet à plusieurs signataires de signer l'un après l'autre sans effacer le travail du précédent.
L'appel à l'autorité n'est pas facultatif. Il est retenté — trois tentatives au total — et si l'autorité reste muette, la signature est refusée ; en production, le service refuse même de démarrer tant qu'aucune autorité d'horodatage ne lui est désignée. Le dossier de preuve remis à la fin de l'opération nomme l'autorité d'horodatage utilisée : son contenu est détaillé dans notre guide sur le dossier de preuve d'une signature électronique.
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